EXÉAT DÉMOCRATIQUE À LA DGEQ

par Dan Albertini

Pression populaire, communauté naturelle, ligue d’exclusion…, etc., la Commission de la Représentation Électorale a, dit-on, fait marche arrière. C’est un constat qui illustre un fait quand l’expertise avait en toute légalité, déterminé un parcours toponymique. Légalité oui, si l’on tient compte de l’agenda étalé sur deux ans, de  mars 2015 à mars 2017. Il faut alors s’interroger. Que faisait la députée Massée depuis tout ce temps pour ne pas avoir compris à titre de parlementaire, que le tracé toponymique qui la concerne, changerait ? Autre interrogation, l’amont de la décision a-t-elle été une décision politique qui aurait tenté de distraire afin de camoufler ? Et, de là les conséquences connues, un manque de crédit.

Le Québec est en crise ouverte depuis cette affaire d’accusations collectives d’agressions sexuelles au sein même des institutions dites démocratiques, tel l’Assemblée Nationale du Québec. Nous savions déjà que la police offrait un cahier de charges pourri, pire que celui de « Ripoux », le film de Noiret/Lhermitte mais entendons-nous, on parle de haut niveau de responsabilité qui implique la sûreté de l’état. Mais, combien plus inquiétant quand on découvre que des journalistes ont été, légalement, par abus dans les usages, sous écoute avec consentement du juge tandis que la police est en guerre de pourriture. Le 31 janvier dernier, la goute allait faire renverser le vase avec un crime hautement haineux qui a vu l’assassinat de citoyens musulmans qui priaient tranquillement, et, ceci, dans le dos. Passons sur les commentaires qui laissaient croire à un meurtre au crédit d’une branche de l’Islam, véhiculé par la grande majorité des médias, alimentés par un cartel de la police ou des polices. Nous sommes aujourd’hui 2 mats 2017, vers l’après douze heures, on est renversé par une décision dite experte et démocratique opérée dans une méthodologie qui garantit notre système électoral aliment par des fonds publics à dessein. Le contraire survient et la députée dont la circonscription aurait été modifiée, prétend une « victoire du monde ordinaire » sur une institution dûment assermentée pour la réalisation d’une opération ordinaire. Que peut-il vouloir dire, un tel genre de propos, tandis que l’on se croyait protégé en démocratie, quand nous critiquions par exemple le candidat élu aux États-Unis d’Amérique, Donald J Trump, avec un système électoral blafard ?  L’expertise est-elle dans la rue ou dans les institutions ?

Comprenons, du 7 au 15 février 2017, M Bélair-Cirino du quotidien Le Devoir rapporte, « 4000 mémoires, messages téléphoniques et électroniques sont transmise à la CRE ». Restons au niveau des mémoires en fonction de la qualité ou de l’expertise contestée. 7 à 8 jours ont suffi à combler ce vide d’experts institutionnels en termes de valeur, de qualité, Curieux, la principale concernée est législatrice, supposément rompue aux principes d’études institutionnelles, de là, son crédit aussi au sein de ces institutions. Non. Tout est balancé par-dessus bord. L’intelligence qui allait faire office de règlement a tout simplement disparue pour faire place à la pression populaire pourtant critiquée quand il s’agit de Donald Trump aux États-Unis. Avouons qu’il faut plus d’explications que s’il s’agissait de bobards d’une institution de Saddam Hussein dans son vivant, idem de Mouammar Kadhafi.

L’article de M Bélair-Cirino souligne une entrevue avec le maire de Mont-Royal qui, élu à son niveau, exécutif en relation direct quotidien avec ses citoyens, est étonné du revirement pourtant absent de toute intelligence d’une consultation qui a duré deux ans. Le Québec a plus que besoin de s’éloigner d’une rhétorique à la Ben Ali de la Tunisie. Rétablir la crédibilité est un impératif qui dépasse le nom de Maurice Richard remplaçant celui de Crémazie.

dan@danalbertini.co